Pays 2021 : Haïti

Protéger son environnement pour protéger ses droits

Haïti est un pays affecté par une extrême pauvreté et vulnérabilité. Placé au 170ème rang sur 189 de l’indice de développement humain, 70% de sa population vit sous le seuil de pauvreté (40% en extrême pauvreté). Les caractéristiques de la région (cyclones et séismes), combinées à l’accélération du réchauffement climatique, font que les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et intenses.
Les aléas climatiques successifs de cette dernière décennie, qui touchent 96 % de la population, ont laissé des traces encore visibles, tant en termes d’infrastructures, que de conditions de survie de la population locale. La déforestation très avancée du pays, notamment à l’intérieur des terres, favorise grandement les inondations et les glissements de terrain, particulièrement meurtriers pour les zones situées en contre-bas des collines. Ces aléas affectent Haïti dont la capacité de résilience est très faible, notamment du fait de la forte dégradation de l’environnement et de l’instabilité politique qui y règne (32 coups d’état depuis deux siècles).

Depuis 2018, le pays est marqué par des protestations et manifestations violentes contre une mauvaise gouvernance, une insuffisance des services de base et une insécurité chronique. Les mécanismes de protection de l’enfance au niveau étatique sont quasi inexistants. 

Les populations vulnérables, et particulièrement les enfants, en sont les premières affectées. Dans une telle situation, nombre d’enfants, en partie les filles, sont placés comme travailleurs domestiques ou appelés à quitter l’école pour rapporter un revenu auprès de leur famille. Au quotidien, les associations locales partenaires de TdH Suisse restent mobilisées aux côtés des enfants et des jeunes, et de leurs communautés. Plus que jamais, le respect des Droits de l’enfant et la prévention contre toutes formes de violence sont d’actualité.

Haïti face au Covid-19

Même si Haïti reste très peu touché par la pandémie de Covid-19, la population a connu plusieurs confinements en 2020 afin de limiter la propagation du virus dans un pays où les épidémies et les problématiques sanitaires sont centrales. Nombre de familles vivant déjà dans la précarité se sont retrouvées sans revenu. Les écoles, dont 80% sont payantes, alors que 70% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, sont des lieux où les enfants reçoivent souvent leur seul repas de la journée.
Face à cette situation, un grand nombre d’écoliers s’est vu déscolarisé. Contraints de travailler comme vendeur ambulant dans la rue ou encore en tant qu’employé domestique, 3 millions d’enfants à travers le pays sont encore privés d’écoles et risquent de ne jamais y retourner.
Afin d’éviter le décrochage scolaire, Terre des Hommes Suisse et ses écoles partenaires en Haïti renforçant les aspects de protection et d’éducation. Les enfants sont formés pour exercer leur citoyenneté et développer les compétences nécessaires pour grandir dans un environnement hostile où les conditions d’existence se dégradent fortement.

En Haïti, Terre des Hommes Suisse agit pour protéger les enfants contre les risques climatiques.
Dans ce contexte où les aléas climatiques sont réguliers et cycliques (saison cyclonique de juin à novembre), les familles n’ont pas le temps de se remettre de la précédente catastrophe naturelle qu’une nouvelle survient déjà. Afin de permettre aux enfants de se développer dans un environnement sain et protecteur, l’école La Dignité située à Jacmel sur la côte sud de l’île et le Foyer Notre Dame de Lourdes, dans la région de Port-au-Prince, offrent aux enfants une scolarité de qualité et adaptée au contexte de leur vie leur permettant d’anticiper et de savoir réagir à l’arrivée, par exemple, d’un cyclone. A leur échelle, ils apprennent aussi à protéger leur environnement dans le but de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et à se créer un environnement vivable.

Terre des Hommes Suisse agit en faveur des droits de l’enfant et soutient les écoles dans 3 domaines :

1. Renforcer les connaissances et compétences des enfants face aux risques climatiques

Pour que les enfants sachent comment réagir à l’annonce d’un aléa climatique et se mettre en sécurité, les élèves, au sein de leur école, suivent des cours pratiques, comme des exercices d’évacuation, savoir se mettre à l’abri en cas d’incendie en période de sécheresse ou lors d’une coulée de boue à cause de fortes pluies et d’inondations, ou encore en cas de propagation de maladies hydriques (80% de la population n’a pas accès à l’eau potable).

2. Rendre les enfants acteurs face aux enjeux de la dégradation de l’environnement

Chaque école comporte des clubs d’enfants sur les droits de l’enfant et sur la Gestion des Risques et Désastres. Dans leurs clubs, les enfants choisissent des thèmes en lien avec la protection de l’environnement, le développement durable et la gestion des risques. Ils animent des ateliers de sensibilisation auprès des camarades de leur école ou des écoles voisines et de la communauté. Ils agissent aussi concrètement en mettant en place des actions de nettoyage des rues et des sources d’eau, ils cultivent des potagers et développent des techniques agricoles qu’ils reproduisent chez eux dans le but de limiter les dépenses en nourriture.

3. Former et accompagner les enseignant-e-s pour une éducation contextualisée et de qualité

En collaboration avec des professionnels de la pédagogie et en gestion des risques, des enseignant-e-s ont créé des manuels scolaires sur les droits de l’enfant et sur les thèmes liés aux problématiques auxquelles sont confrontés leurs élèves dans leur quotidien. Reconnu par le ministère de l’Éducation nationale, l’objectif est de former les enseignant-e-s à des approches pédagogiques actives et d’intégrer ces thématiques dans les programmes scolaires.

Haïti en quelques chiffres

Capitale : Port-au-Prince
Superficie : 27 065 km²
Population : 11 592 279
Population rurale : 44 % (84 % en 1960)
Langues officielles : créole haïtien, français
Religions principales : christianisme (55 %), protestantisme (28 %), vaudou (90 %).
Monnaie : gourde haïtienne
Taux de chômage : 30 % (dans le domaine formel – 70 % de l’économie est informelle)
Taux de pauvreté : 70 % (extrême pauvreté : 40 %)
Taux net de fréquentation à l’école primaire : 80 % (68% pour les enfants issus de milieux défavorisés conte 92 % pour les familles les plus riches)
Taux d’alphabétisation : 15 ans et plus = 60 %
Travail des enfants : 26 % (près de 1 million dont la majorité est constituée d’enfants en situation de domesticité et des enfants de rue)
Mortalité infantile : 48
IDH (2020) : 170/189

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