En 2020, marchez en faveur des enfants et des jeunes de Bolivie !

Vivre ensemble à l’école sans violence

La Bolivie est un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. Pourtant, de nombreux progrès se sont opérés ces dernières années : la croissance annuelle de l’économie a augmenté et le PIB est passé de 9 à 40 milliards de dollars entre 2006 et 2018. Un système unique de santé gratuit ainsi qu’une allocation pour les plus de 60 ans ont également été mis en place.

Néanmoins, les disparités et les inégalités demeurent importantes, notamment entre les zones urbaines et les zones rurales. Bien que le taux de chômage soit de 4,5%, l’économie informelle est prédominante et représente une large majorité des emplois. Le taux de pauvreté est élevé : entre 2006 et 2018, il est passé de 61% à 36%. Au cours de la dernière décennie, on observe une amélioration mais 16% de la population est toujours concernée par l’extrême pauvreté.  

En Bolivie aujourd’hui, la mortalité infantile et le travail des enfants sont encore importants. 26% des enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent au moins une heure par jour afin de soutenir et de participer aux besoins économiques de leur famille.

En matière d’éducation, la situation s’est améliorée : une bourse pour les enfants qui fréquentent l’école a été introduite en 2006 pour permettre aux familles de financer le matériel scolaire ainsi que les dépenses liées aux transports. Cette mesure a réduit l’absentéisme scolaire et augmenté le taux global de scolarisation. Par ailleurs, la lutte contre l’analphabétisme a été efficace car en 2001, 13% de la population bolivienne ne savait pas lire, contre 2% en 2016.  

Avec la pandémie de COVID-19, de nombreux enfants ont cessé d’aller à l’école et risquent de ne plus y retourner et d’être astreints au travail. La qualité de vie des enfants se dégrade et le travail des partenaires de Terre des Hommes Suisse en Bolivie a changé. Désormais, le suivi et la prise en charge psychosociale des enfants se font en ligne et une campagne de prévention contre la violence pendant le confinement – avec des vidéos créées par des enfants - a été mise en place. Un contact régulier avec les enfants et leur famille est maintenu afin de prévenir le décrochage scolaire et la violence.

Dans la région de Cochabamba, Terre des Hommes Suisse agit pour protéger les enfants de toutes formes de violence

Dans ce contexte de fortes disparités sociales et économiques, de nombreux enfants sont victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Un modèle machiste et adulto-centré est encore dominant et beaucoup d’adultes et parents considèrent que les châtiments corporels font partie de l’éducation. La violence peut également se retrouver directement au sein des établissements scolaires.

La fondation Ayni travaille pour permettre aux enfants et adolescent-e-s de grandir et de se développer dans un environnement sain et protecteur. Elle travaille au plus près des enfants et des familles, mais également avec les enseignant-e-s, pour construire de nouvelles formes de relations qui permettent de vivre ensemble selon des valeurs telles que le respect, la liberté, l’égalité, la solidarité et la participation des enfants et adolescent-e-s au sein de la famille mais également à l’école.

Terre des Hommes Suisse agit en faveur des droits de l’enfant et soutient Ayni dans 3 domaines :

1. Prévenir la violence à l’école et au sein des familles

Ayni promeut les droits de l’enfant ainsi que leur protection en collaboration avec les enseignant-e-s en produisant des guides pédagogiques destinés à l’application du programme scolaire de manière ludique tout en considérant la protection comme thématique transversale. Ayni forme également les enseignant-e-s à des méthodes pédagogiques leur permettant d’aborder les thèmes du vivre ensemble, de la solidarité, de la protection et de la prévention à travers divers domaines d’apprentissage.

2. Rendre les enfants acteurs face à la violence

À la demande d’enfants, Ayni a créé des groupes d’autoprotection dans les 11 écoles avec lesquelles elle travaille. Ces groupes accessibles aux enfants et adolescent-e-s qui le souhaitent ont pour but de les former sur leur propre protection ainsi que sur celle de leurs pairs dans leurs environnements immédiats. Lors des sessions qui se tiennent une fois par semaine, les enfants et les jeunes sont formés à leurs droits, apprennent à identifier les formes de violence et organisent des activités pour sensibiliser les autres enfants à la violence et au harcèlement scolaire. Cette année, ils ont produit des spots de prévention à la radio ainsi qu’une pièce de théâtre.

3. Accompagner et former les acteurs de la protection de l’enfance

Ayni forme les fonctionnaires des services publics liés à la protection de l’enfance pour les sensibiliser et leur permettre de mettre en œuvre les lois existantes sur la question directement dans leur pratique professionnelle. Elle les aide à définir des procédures ainsi que des modes d’intervention et de suivi pour assurer une prise en charge adaptée et de qualité pour les enfants victimes de violences.