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  • 2016 - Colombie

    La 25e Marche de l’espoir organisée par Terre des Hommes Suisse était placée sous le signe de la fête le dimanche 16 octobre 2016. Pour son quart de siècle, la Marche a rassemblé près de 5500 participant-e-s (sans compter les accompagnant-e-s, autour de 12'000 personnes au total!) qui ont, de la Rotonde du Quai du Mont-Blanc au jardin botanique, parcouru des kilomètres en solidarité avec les enfants défavorisés de Colombie.

    Les promesses de dons de l’entourage des marcheurs ont laissé espérer un bénéfice de plus de 550'000 francs suisses, somme qui sera notamment attribuée au projet mis en avant en 2016: Cecucol, un centre d’accueil pour protéger les enfants et les jeunes de la violence dans des quartiers populaires de Cali, en Colombie.

    Pour cette 25e Marche, une grande fresque retraçant toutes les éditions depuis 1992 avec photos, témoignages, anecdotes, chiffres, pays soutenus, action, etc. a été mise en place au Pavillon Libellule. L’objectif de cette exposition était de montrer aux nombreux marcheurs que leurs efforts et leur solidarité ont permis d’aider des milliers d’enfants et soutenir une multitude de projets.

    Les semaines qui précèdent la Marche, tout un travail de sensibilisation a été réalisé dans les classes: en 2016, 1500 classes, c’est-à-dire 29’800 enfants ont participé à ces présentations interactives.

    Mais l’événement marquant de cette année fut sans aucun doute la venue de six enfants entre 10 et 13 ans du centre Cecucol (partenaire de Terre des Hommes Suisse) de Cali. Arrivés dix jours avant la Marche pour partager leur culture avec des élèves du même âge d’écoles genevoises, ils ont participé à divers ateliers de cuisine, de jardinage et de danse. Le but de ces journées de rencontre était d’échanger et de partager sur les cultures et les coutumes locales de chacun et, ainsi, de favoriser l’ouverture à l’autre et le vivre ensemble. Cela a également été l’occasion pour les petits Suisses qui participent à la Marche de l’espoir de rencontrer certains enfants pour lesquels ils se mobilisent, et donc de donner encore plus de sens à leur engagement. De rencontres enrichissantes qui ont fait la joie de tous.

    Un immense MERCI à toutes et tous, participant-e-s, accompagnant-e-s, sponsors, autorités, délégation colombienne de Cecucol, bénévoles!

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    La Colombie est un pays très riche d’un point de vue culturel. D’origines ethniques différentes, la population possède des coutumes et des traditions très variées. En ce qui concerne son écosystème, ce pays est composé d’une grande diversité de paysages et de ressources naturelles ( pétrole, huile de palme, café, minerais, émeraudes, or, fruits, etc. ).

    Les richesses de la terre ont notamment conduit des groupes armés, dès les années 1960, à exproprier de petits paysans pour exploiter ces ressources et financer armes et trafic de drogue. C’est ainsi que, depuis une cinquantaine d’années, plus de 6 millions de personnes qui vivaient pour la plupart à la campagne se sont fait expulser de leur maison et de leurs terres, quand elles n’ont pas été tuées par les groupes armés. Les survivants, déracinés, souvent des femmes et des enfants, se sont installés dans les périphéries des grandes villes comme Bogotá, Cali et Medellín, dans des conditions de vie extrêmement difficiles.

    Avec le temps, le conflit armé s’est atténué en zones rurales mais il se poursuit sous forme de guérilla urbaine, en particulier dans les quartiers défavorisés des grandes villes. Les déplacements et les tensions urbaines ont d’importantes conséquences sur la qualité de vie des enfants ( éclatement familial, traumatismes psychologiques, manque de confiance en soi, difficultés scolaires, etc. ) qui, faute de perspective d’avenir, se laissent souvent embrigader par les bandes armées.

    À Cali, Terre des Hommes Suisse agit pour la protection, l’insertion et le soutien des enfants et des femmes.

    Dans ce contexte, des associations se sont créées pour assurer notamment la protection des jeunes des quartiers. Cecucol (Fundación centro cultural comunitario Las Colinas), partenaire de Terre des Hommes Suisse, travaille depuis une trentaine d’années à Cali. Ses projets visent à promouvoir la conscience citoyenne, la participation des jeunes et de la communauté à la vie publique, ainsi que l’équilibre alimentaire des familles. L’association lutte également contre la désertion scolaire et l’embrigadement des jeunes dans les groupes armés.

    Elle aide 160 enfants et jeunes ainsi que 60 familles. À Cali, 30 % des habitants des quartiers populaires sont des personnes déplacées par le conflit armé. Près de 40 % des familles sont en situation d’indigence. Les logements sont souvent exigus et engendrent la promiscuité. Et même si les habitations sont généralement équipées en eau et en électricité, il arrive fréquemment, en période de sécheresse, que l’eau soit déviée vers les quartiers plus aisés. La qualité de vie est précaire.

    Les enfants et les jeunes se trouvent en situation de vulnérabilité sociale. Beaucoup ne terminent pas leurs études et une grande partie travaille dans le secteur informel, sans aucune garantie d’emploi et dans le non-respect de ses droits. Les jeunes, qui évoluent ainsi au sein d’un environnement agressif, sont aussi en manque de repères. Face à une société qui ne leur offre aucune opportunité et les stigmatise, ils réagissent souvent par des comportements violents ou par la délinquance.

    Au Centre Cecucol, différentes activités sont proposées aux enfants et aux jeunes du quartier. Il s’agit de les aider à développer leurs compétences artistiques, culturelles et de leadership ainsi que d’améliorer leur formation citoyenne et sociale afin qu’ils puissent mieux agir au sein de leur propre communauté. Ils sont par ailleurs sensibilisés à des thématiques comme les droits de l’enfant et le respect de l’environnement.

    Cecucol vise également à améliorer le revenu des familles et leur accès à des aliments sains à travers des initiatives de troc et d’achats en gros. Afin de promouvoir la production d’aliments de qualité, le centre soutient la création et l’entretien de potagers familiaux urbains et communautaires ainsi que la pratique du petit élevage. Il encourage la population à avoir une alimentation saine et équilibrée, à diversifier ses aliments et à mieux gérer ses déchets.

    Bernarda Pavón, fondatrice de Cecucol, témoigne : « Ici, la violence est quotidienne et la précarité du quartier n’améliore en rien la situation. Les gens sont désemparés, sans repères. Cecucol représente pour les jeunes et les femmes un lieu où ils peuvent s’éloigner du danger et trouver un espace de loisir, de paix. »

    En Colombie, Terre des Hommes Suisse agit pour le bien-être des enfants et des femmes dans 4 domaines liés aux droits de l’enfant.

    1. Protection et prévention contre les violences - Les partenaires locaux de Terre des Hommes Suisse cherchent à faire connaître et respecter la Convention relative aux droits de l’enfant. Pour prévenir l’exploitation sexuelle des mineurs et le recrutement des jeunes par les acteurs armés, ils renforcent la conscience de leurs droits et l’auto-estime de ces jeunes et les accompagnent dans la définition de leur projet de vie. Ils participent également à des réseaux qui relient les différents acteurs éducatifs et établissent des alliances stratégiques avec les institutions de l’Etat. Terre des Hommes Suisse contribue aussi à la diffusion de campagnes de sensibilisation.
    2. Droit à l’éducation - Les partenaires colombiens de Terre des Hommes Suisse cherchent à assurer pour tous les enfants les mêmes chances d’intégration au système scolaire. Des projets éducatifs adaptés sont mis sur pied avec la participation des élèves, des enseignants et des parents ( soutien scolaire, ateliers, accompagnement personnalisé, matériel pédagogique spécifique, etc. ).
    3. Droit à l’alimentation - Une attention particulière est portée à l’alimentation équilibrée et suffisante pour tous les enfants. Les familles bénéficiaires sont encouragées à initier des activités productives qui permettent d’améliorer leur sécurité alimentaire et de générer des revenus complémentaires, mais aussi de développer leurs capacités de gestion. Les enfants et leurs familles sont également sensibilisés à la diversité des aliments, à leur utilisation et à leur conservation.
    4. Participation des enfants et des jeunes - Les associations partenaires encouragent les jeunes à participer davantage à la vie publique et à la construction d’un tissu social qui les ancre dans leur environnement. Les partenaires organisent également de multiples rencontres entre jeunes de différents milieux sociaux. Tous les projets défendent le respect de la différence et une façon de vivre ensemble, pacifique et constructive.
  • 2015 - Burkina Faso

    Plus de 5300 participant-e-s, principalement des enfants et des jeunes, étaient au rendezvous solidaire de la Marche de l'espoir organisée par Terre des Hommes Suisse en faveur du Burkina Faso le dimanche 11 octobre 2015 à Genève. Un chiffre qui n'avait plus été atteint depuis des années. 

    Le Burkina Faso, littéralement « Pays des hommes intègres », est situé au coeur de l’Afrique de l’Ouest. Sur un territoire 6 fois plus grand que la Suisse, vit une population de 18 millions d’habitants appartenant à une soixantaine d’ethnies différentes. Malgré les différences culturelles et confessionnelles, le pays ne connaît pas de tensions majeures entre ses communautés. Les Burkinabé font preuve d’un esprit d’ouverture et de tolérance et leur sens de l’hospitalité est connu bien au-delà des frontières du pays.

    Le pays possède un climat tropical soudano-sahélien avec deux saisons très contrastées : la saison des pluies (entre mai-juin et septembre) et la saison sèche durant laquelle souffle l’harmattan, un vent chaud et sec. Le Burkina Faso est un pays essentiellement agricole : 80 % de la population est constituée d’agriculteurs et d’éleveurs dont les conditions de vie ont toujours été précaires. C’est l’un des pays les moins développés du monde (181e sur 187 pour l’indice de développement humain1). Près de 45 % de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté, soit avec moins de 1,25 dollar / jour. Ses principaux domaines d’exportation sont les produits agricoles (principalement le coton) et miniers (cuivre, fer, zinc et surtout or).

    La population burkinabé est une des plus jeunes du monde : près de 45 % de la population a moins de 15 ans. Le Burkina Faso compte une très forte diaspora (3 millions de Burkinabé vivent en Côte d’Ivoire). Les montants envoyés au pays par cette diaspora apportent un soutien précieux aux familles les plus défavorisées.

    La vie culturelle du Burkina Faso est très riche, avec plusieurs manifestations de renommée internationale.

    Un système éducatif encore en devenir

    De gros efforts ont été fournis pour améliorer l’éducation et la santé. Mais les moyens financiers limités de l’Etat et un taux de croissance démographique élevé (5,5 % / an) constituent un obstacle majeur à l’amélioration des conditions d’enseignement. Ainsi, bien que pratiquement chaque village et quartier urbain disposent d’une école primaire, ce sont encore près de 3 enfants sur 10 qui ne terminent pas le cycle primaire.

    Les taux nets de scolarisation dans le secondaire sont respectivement de 15 % chez les filles et de 21 % chez les garçons. Les causes de cette déperdition sont multiples : pauvreté des parents et utilisation des enfants comme main d’oeuvre domestique, mariages précoces, médiocrité des conditions d’enseignement, débouchés professionnels limités, attrait d’un gain financier immédiat au détriment d’une réussite professionnelle aléatoire.

    Des conditions de vie précaires en milieu rural

    En zone sahélienne, les conditions de vie en milieu rural sont précaires en raison de la brièveté de l’hivernage (saison des pluies) qui oblige à concentrer l’essentiel de l’activité agricole sur trois-quatre mois et ne permet souvent pas de constituer des réserves suffisantes pour couvrir les besoins alimentaires du reste de l’année. De tout temps, les familles ont donc dû avoir recours à des revenus complémentaires pour survivre et l’orpaillage (exploitation artisanale de l’or) a constitué l’une de ces sources. Ces dernières années, la situation s’est encore aggravée en raison du réchauffement climatique (qui a rendu la saison des pluies plus courte et plus aléatoire), de terres agricoles appauvries par manque d’apport régulier de substances nutritives et de semences souvent de qualité médiocre. De ce fait, de nombreuses familles se trouvent actuellement dans un état de pauvreté et de malnutrition, dont les premières victimes sont les enfants.

    Sites d’orpaillage : une opportunité illusoire et dangereuse

    Ainsi, dès qu’un filon aurifère, même de qualité médiocre, est découvert, on assiste à une véritable ruée vers l’or de personnes et de familles en quête d’un avenir meilleur. Outre les habitants des villages environnants, ces sites attirent des gens de provenance beaucoup plus lointaine qui construisent près des puits de véritables villages provisoires faits de branchages et de bâches en plastique.

    Sur ces sites de tous les dangers (conditions de travail non sécurisées, poussières toxiques, produits dangereux comme le mercure, alcools frelatés, drogues et prostitution), sont présents de nombreux enfants. Les plus jeunes accompagnent simplement leur mère, mais, dès 6 ans, ils commencent à effectuer des travaux pénibles : vente d’eau et de bois, cuisine, concassage du minerai. Et dès 13-14 ans, ils commencent à descendre dans les puits très peu étayés, pouvant atteindre plus de 50 mètres de profondeur. La fréquentation scolaire est la première victime de cette ruée vers l’or, car les enfants, et souvent leurs parents, sont plus intéressés par un revenu immédiat, même modeste, que par une hypothétique réussite sociale liée à des études ou à une formation professionnelle offrant peu de débouchés.

    Offrir des alternatives à cette «ruée vers l’or»

    Conscients des dangers de cette situation, les partenaires de Terre des Hommes Suisse au Burkina Faso ont entrepris diverses démarches pour prévenir le travail des enfants sur les sites aurifères. Pièces de théâtre dans les villages pour sensibiliser les populations aux dangers de l’extraction aurifère, offre d’une formation professionnelle à des jeunes comme alternative à la fréquentation des sites miniers, aide à la création d’activités génératrices de revenu pour les jeunes et les femmes, plaidoyer auprès des autorités pour que les lois soient respectées sont quelques-unes des actions mises en place. Des premiers résultats encourageants ont déjà été enregistrés, mais le défi est énorme, car ce sont des dizaines de milliers d’enfants qui sont concernés.

    Travail des enfants: autres programmes de Terre des Hommes Suisse en Afrique de l’ouest

    Pour prévenir le travail des enfants, il est important d’améliorer le revenu des parents. C’est le travail que réalise par exemple l’association PASAB dans le Boulkiemdé. Elle initie les familles à de nouvelles pratiques agricoles qui augmentent et diversifient la production agricole, permettant ainsi d’améliorer l’alimentation et la santé des enfants. De plus il est possible de vendre un éventuel surplus au marché ce qui accroît le revenu des familles afin de mieux répondre aux besoins de leurs enfants.

    Pour en savoir plus sur la problématique de l'or au Burkina Faso

  • 2014 - Amazonie brésilienne

    Plus de 4500 participant-e-s, principalement des enfants et des jeunes, étaient au rendez-vous solidaire de la Marche de l'espoir organisée par Terre des Hommes Suisse le dimanche 12 octobre 2014 à Genève. Les participant-e-s étaient, pour la plupart, âgés de 7 à 12 ans. Les dons récoltés ont permis notamment de soutenir un projet pour les enfants du peuple Yanomami en Amazonie brésilienne : accès à une éducation différenciée, défense de leurs droits et préservation de leur mode de vie et de leur environnement.

    Le Brésil présente à la fois les caractéristiques d’un pays développé – urbanisation, industrialisation, secteur tertiaire – et celles de pays en développement – misère rurale, sous-alimentation, analphabétisme. Démocratie politiquement stable depuis 1985, le pays a réussi à réduire l’extrême pauvreté mais reste le champion des inégalités sociales.

    «Découvert» en 1500, le Brésil devient une colonie portugaise. Pour exploiter rapidement les ressources naturelles, en particulier le bois brésil (un bois rouge qui donna son nom au pays), les Portugais amènent des esclaves achetés sur les côtes africaines. Cette époque coloniale va marquer durablement l’histoire et la structure du pays: suprématie des blancs grands propriétaires fonciers, racisme/métissage, ségrégation/promiscuité entre maîtres et esclaves. Cette fracture se retrouve telle quelle entre les riches et les pauvres du Brésil moderne. Ainsi naît la grande diversité de sa population (53% blancs, 38% mulâtres, 6% noirs, et 3% «autres», dont les peuples autochtones). Le pays vit encore aujourd’hui de l’exploitation intense de ses ressources premières: or, diamant, café, caoutchouc, minerai de fer, bauxite, soja, viande, etc.

    Le Brésil se situe au 5e rang mondial par sa superficie comme par sa population (201 millions d’habitants). Celle-ci est jeune et depuis peu urbaine à 85%. Une urbanisation rapide qui a signifié la désagrégation des liens sociaux traditionnels et ses corollaires: pauvreté et violence.

    Au 8e rang de l’économie mondiale, le Brésil a encore d’importants défis à relever, notamment la lutte contre la corruption et la discrimination raciale, la promotion de la réforme agraire, l’accès et l’amélioration de l’éducation et de la santé publique et la défense de ses minorités.

    Si certaines régions ont un revenu par habitant supérieur à celui d’une économie européenne, d’autres figurent parmi les plus pauvres du monde. C’est là que Terre des Hommes Suisse est active, en Amazonie auprès de peuples autochtones (o norte qui concentre l’une des plus grandes biodiversités de la planète) et au Nordeste auprès de communautés paysannes (notamment du sertão, région de sécheresse).

    Les peuples autochtones d’Amazonie

    Depuis la colonisation, les peuples indigènes n’ont cessé d’être une minorité discriminée, violentée et expropriée de ses terres. Au seul Brésil, survivent plus de 300 peuples à qui le statut de citoyen à part entière n’a été accordé qu’en 1988 ! La loi leur reconnaît le droit de bénéficier d’une école différenciée (éducation bilingue, contenus et supports pédagogiques spécifiques, calendrier adapté). Mais de la théorie à la pratique, il y a toutefois un grand pas.

    Beaucoup de territoires indigènes ne sont pas encore protégés. Or, l’Amazonie est encore aujourd’hui l’objet de convoitises: exploitation intensive des ressources naturelles de la forêt, terres agricoles et d’élevage potentielles, exploitations minières, construction de barrages géants. Cela engendre aussi un énorme impact environnemental qui affecte faune, flore et les populations dont la survie physique et culturelle est en péril.

    Les Yanomami (Etat d’Amazonas - bassins des Rio Marauiá et Demini)

    L’aire Yanomami (deux fois la Suisse), démarquée en 1992, est une zone montagneuse dont les principales voies d’accès sont les rivières. Aujourd’hui encore, les Yanomami vivent dans des villages de 50 à 200 personnes, selon un mode de vie traditionnel : semi-nomades, ils tirent leur subsistance de chasse, pêche, cueillette et d´agriculture saisonnière (bananes, tabac, manioc et plusieurs variétés de tubercules). Les maisons construites de bois et de paille sont disposées en cercle autour d´une grande place centrale. Chaque famille y aménage son espace domestique. Peu de Yanomami maîtrisent le portugais et encore moins les concepts et codes du monde napë (non Yanomami, étranger). Le contact avec les «blancs» a surtout apporté des problèmes supplémentaires: maladies (grippe, rougeole, malaria, etc.), malnutrition (les ressources naturelles se raréfient et les produits manufacturés provoquent problèmes dentaires, diabète, etc.). Secoya, partenaire local de Terre des Hommes Suisse, lutte depuis 20 ans pour la défense des droits des Yanomami et développe des programmes en éducation et en santé.

    Une éducation différenciée: l’école au coeur de la forêt

    L´école telle que nous la connaissons est un outil d´apprentissage nouveau dans le monde Yanomami! L’enfant imite ses parents et ceux qui l’entourent, et contribue à sa mesure aux activités quotidiennes du village. Depuis plus de 10 ans, dans 9 xapono, est donné un enseignement adapté et bilingue dispensé par des professeurs Yanomami formés et supervisés par une équipe de Secoya.

    Quelque 580 élèves (aussi bien des enfants dès 7 ans que des adultes) suivent un enseignement quotidien de 2 heures, répartis par niveau et non par âge. Une école ouverte à tous qui permet de maintenir leurs activités de subsistance habituelles. «L’école est importante pour nous, Yanomami, car nous avons besoin d’apprendre à parler, à lire et à écrire le portugais pour faire des rapports, des lettres et des projets. Mais l’école est aussi importante parce qu’elle nous apprend à réfléchir sur notre culture, notre mode de vie, à organiser notre relation avec les blancs et à préparer notre futur.» raconte Carlito, leader Yanomami. Ce projet va bien au-delà des centaines d’enfants, de jeunes et d’adultes scolarisés, il est un véritable outil pour la dignité, la survie du peuple Yanomami et la défense de ses droits. (Voir aussi: www.secoya.org.br).

    Autres programmes au Brésil

    Dans l’Etat de Bahia au Nordeste, Terre des Hommes Suisse apporte également son soutien à des communautés rurales et à des écoles agricoles qui, outre les matières scolaires, enseignent les techniques et modes de culture et d’élevage propres à une agriculture familiale diversifiée qui favorise l’autosuffisance alimentaire.

    Dans le Norte, Terre des Hommes Suisse soutient également avec le CIR (Conseil Indigène de Roraima) un centre de formation en agriculture durable pour jeunes issus d’une vingtaine de peuples amérindiens dont les modes de vie ancestraux ont été balayés par le pillage de leurs terres.

  • 2013 - Inde

    Environ 4300 participant-e-s, principalement des enfants et des jeunes, étaient au rendez-vous solidaire de la Marche de l'espoir le dimanche 13 octobre 2013 à Genève. Les participant-e-s étaient accompagnés de leur famille. Ils ont parcouru en boucle des kilomètres, sponsorisés par leur entourage, depuis le Quai du Mont-blanc jusqu'au Jardin botanique. Ce dans une ambiance festive et sous une météo clémente.

    Ils était pour la plupart âgés de 7 à 12 ans et nombre d'entre eux ont parcouru entre 30 et 40 kilomètres! Avec une moyenne de 10 km par marcheuses et marcheurs, cela signifie qu'ils ont réalisé, cumulés, le tour de la terre: un magnifique symbole pour cette Marche de l'espoir!

    Les promesses de dons de leur entourage ont laissé espérer un bénéfice de 400'000 francs suisses, permettant notamment à des familles de pêcheurs sur l'île de Rameshwaram (Tamil Nadu, sud de l'Inde), de s'organiser pour améliorer l'éducation de leurs enfants, assurer leur sécurité alimentaire, préserver l'environnement et faire face aux changements climatiques.

    L'Inde: des inégalités toujours flagrantes 

    L’Inde a connu, ces dernières années, un développement économique spectaculaire, mais le nombre de laissés-pour-compte n’est pas pour autant en régression. Alors que le pays est en plein essor, les inégalités entre citoyens sont toujours criantes : que ce soit entre castes, sexes, régions, ou entre zones rurales et urbaines. Les chiffres confirment ces fortes disparités : 35 % de la population, soit 373 millions de personnes vivent avec moins de 1 fr. 20 par jour. Et plus de 16 millions d’enfants sont exploités au travail. La libéralisation économique a, par ailleurs, conduit à négliger la gestion des ressources naturelles, souvent sacrifiées au profit de la croissance avec pour conséquences : déforestation, érosion et pollution des sols, désertification, pollution de l’eau, raréfaction des ressources halieutiques. Les changements climatiques ne font qu’aggraver une situation déjà préoccupante et conduisent des centaines de milliers d’agriculteurs et de pêcheurs à l’extrême pauvreté. Dans la mesure où 53 % des forces de travail sont occupées dans le secteur primaire alors qu’elles ne génèrent que 17 % du PIB (28 % dans les services pour 65 % du PIB), la gestion des ressources naturelles doit impérativement être prise en compte dans une stratégie de lutte contre la pauvreté, l’exploitation et la dépendance dans lesquelles se trouvent ces populations. 

    Des ressources qui s’épuisent, 40 000 personnes menacées 
    Au Tamil Nadu, face à l’océan au bord de l’épuisement, la mise en place d’une gestion durable des ressources halieutiques est capitale afin de garantir des conditions de vie décentes pour les pêcheurs et leur famille. Sur l’île de Rameshwaram, dans le golfe de Mannar, entre l’Inde et le Sri Lanka, la majorité des 40 000 résidents vit de la pêche et de l’exploitation des produits de la mer. Mais les familles de pêcheurs peinent à vivre du produit de leur travail. Les réserves de poisson ont fortement diminué en raison des grands chalutiers, propriétés de riches armateurs de l’intérieur du pays, qui draguent le fond de mer. Une pêche, qui autrefois rapportait 20 000 roupies, n’en rapporte aujourd’hui que 8000. La diminution drastique des revenus oblige de nombreuses familles à migrer vers les grandes villes où elles finissent souvent exploitées et maltraitées. Les pêcheurs, à la merci des catastrophes naturelles, s’endettent lourdement auprès d’usuriers pour remplacer ou réparer leur bateau. Les faibles revenus de la pêche servent alors au remboursement de la dette. Pour aider ces familles vulnérables, People’s action for development (PAD), partenaire de Terre des Hommes Suisse, soutient des communautés villageoises, afin qu’elles soient mieux à même de défendre leurs droits et d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

    Les jeunes, acteurs du changement 
    Des centres accueillent les enfants après l’école et les jours de congé. Les élèves reçoivent une aide aux devoirs et participent à des activités de loisirs et de sensibilisation à l’environnement. Certains villages sont équipés d’ordinateurs, très utiles aux parents pour connaître la météo et éviter de partir en mer en cas d’avis de tempête. Pour lutter contre l’avancée de la mer sur les terres et la salinisation de l’eau, les centres ont créé des pépinières de plantes indigènes que les enfants plantent pour consolider les berges sur les dunes du littoral. Ils sont responsables de l’entretien de ces plantes. Les enfants apprennent également la gestion des déchets, participent à des actions de nettoyage alors que des groupes de femmes fabriquent des sacs en tissu pour bannir les sacs en plastique. 

    Préserver et diversifier les sources de revenu 
    Pour défendre leurs droits et améliorer leur situation, les pêcheurs se sont organisés en communauté. PAD a créé des centres de micro-crédits qui rachètent leurs dettes, leur prête de l’argent à un taux acceptable et organise le système de remboursement. Les pêcheurs vendent directement leurs poissons à la communauté et obtiennent une plus-value de 20 %. À chaque vente, 80 % de l’argent revient aux pêcheurs, 15 % sert à rembourser leurs dettes et 5 % financent les programmes de la communauté. Les pêcheurs ont élaboré avec l’appui de PAD un plan de gestion des ressources de la mer et reviennent à des pratiques de pêche traditionnelles plus respectueuses de l’environnement – protection des lieux et des périodes de reproduction des poissons. Ils défendent leurs droits et se battent pour le respect des lois et l’interdiction des chalutiers dans les zones côtières. Des micro-crédits facilitent la diversification des sources de revenu : petit commerce, artisanat, fabrication d’objets en coquillages. Les actions communautaires soutenues par PAD ont permis d’améliorer de manière significative la vie des familles concernées. 

    D’autres programmes pour la protection et la défense de l’enfant 
    En Inde, Terre des Hommes Suisse soutient d’autres initiatives communautaires qui s’inscrivent dans la durée. Ces programmes visent principalement à protéger les enfants contre l’exploitation au travail et les risques liés aux migrations, à promouvoir le droit à une éducation adaptée et de qualité et à assurer le droit à l’alimentation pour les enfants et leur famille.

  • 2012 - Haïti

    Le 12 janvier 2010: une date que les Haïtiens n’oublieront jamais. Un terrible tremblement de terre a ravagé le pays, causant plus de 230 000 morts, des centaines de milliers de blessés et détruisant une grande partie de Port-au-Prince, la capitale. Aujourd’hui encore, près d’un demi-million de personnes vivent toujours sous des tentes ou des abris provisoires. Pourtant, dans un environnement difficile, les partenaires de Terre des Hommes Suisse luttent avec courage pour que les plus vulnérables, en particulier les enfants, puissent envisager un avenir. 

    Terre des Hommes Suisse : plus de 25 ans de présence en Haïti 

    Malgré la mobilisation au lendemain du séisme, de nombreuses promesses de la communauté internationale n’ont pas été honorées. Seule la moitié des sommes promises a été allouée et pas toujours de façon efficiente ou efficace. Après la phase de première urgence, de nombreux acteurs humanitaires se sont retirés. Dans ce contexte, l’action de Terre des Hommes Suisse s’inscrit dans la durée. 

    Présente depuis plus de 25 ans en Haïti, Terre des Hommes Suisse poursuit et renforce son travail. Malgré les nombreuses difficultés, elle obtient, grâce à l’engagement de sa coordinatrice haïtienne, des résultats concrets. Comment ? En travaillant en étroit partenariat avec des acteurs locaux, engagés et expérimentés, qui connaissent bien la réalité du pays. 

    À l’Espace « Timoun» (enfant en créole), les enfants retrouvent la joie de vivre 

    Orphelins du séisme ou du choléra, enfants de la rue, enfants en domesticité: ces blessés de l’existence sont une priorité dans l’action de Terre des Hommes Suisse en Haïti. Avec l’appui de la Chaîne du Bonheur et de l’Etat de Genève, un soutien particulier est offert à notre partenaire haïtien, le Centre d’action et de développement (CAD), qui a ouvert un centre d’accueil transitoire. 

    L’Espace « Timoun » accueille en permanence depuis le séisme une centaine d’enfants, âgés de 7 à 14 ans. Ils y vivent, reçoivent des repas, participent à des cours. En plus de la scolarité formelle qu’ils suivent, ils sont sensibilisés à l’importance de l’hygiène et sont suivis médicalement. Ils bénéficient d’un accompagnement psychologique pour vaincre les traumatismes, et participent à des activités sportives et culturelles. Ils sont formés à leurs droits et devoirs et apprennent comment apporter leur contribution à la reconstruction du pays. Chaque fois que cela est possible, la réintégration dans la famille est favorisée. 

    La plupart des enfants arrivent au centre dénutris, malades, maltraités et traumatisés. Après quelques semaines, ils réapprennent la vie en société, le respect, la confiance en eux et envers les autres : c’est la joie de vivre et les sourires qui se reflètent sur les visages. À ces enfants « internes », s’ajoutent une trentaine d’externes, issus de familles particulièrement démunies des environs, qui viennent, en journée, suivre le cursus scolaire au centre. 

    Des partenaires engagés pour protéger les enfants les plus vulnérables 

    Que ce soit le Foyer Maurice Sixto, qui accueille chaque après-midi près de 300 enfants travaillant dans la domesticité et leur offre un lieu d’amitié, d’écoute, une scolarisation, le centre Kayfanm, qui reçoit des fillettes ayant subi de graves agressions, ou l’école la Dignité, à Jacmel, qui offre une éducation adaptée et de qualité à des enfants défavorisés du milieu rural, chaque partenaire de Terre des Hommes Suisse a à cœur de lutter contre les injustices qui ont pour nom misère, faim, violences et analphabétisme. 

    Quel avenir possible ? De l’humanitaire au développement 

    Aider les enfants à se reconstruire, à surmonter leurs peurs, leurs angoisses, à reprendre confiance en eux, en la vie, est essentiel. Mais ils doivent acquérir une formation, des compétences qui leur permettent de participer à la reconstruction du pays. 

    Depuis un an, Terre des Hommes Suisse soutient un programme de formation professionnelle dispensé par des Salésiens à l’Ecole nationale des Arts et métiers de Port-au-Prince. Chaque partenaire mentionné ci-dessus peut y envoyer des jeunes désireux et capables d’acquérir une formation solide et reconnue, en électricité, carrelage ou hôtellerie. Une attention toute particulière est accordée aux filles. Une première promotion a brillamment réussi ses examens et participe à des stages en entreprise. 

    Après l’action d’urgence et l’accueil des enfants vulnérables, Terre des Hommes Suisse se tourne résolument vers le futur pour offrir aux jeunes des perspectives d’avenir. 

    La reconstruction d’Haïti : la préoccupation de toutes et tous !

  • 2011 - Pérou

    Cultiver des aliments sains et variés, commercialiser des produits locaux avec des labels bio et Max Havelaar, valoriser cultures et traditions, s’organiser pour développer écoles et autres infrastructures communautaires : des espoirs et défis pour des centaines de familles paysannes andines. 

    Dureté de la vie sur les hauts plateaux andins 

    Pauvreté de la terre, absence d’appuis techniques et de crédits, bas prix des produits agricoles, manque d’infrastructures dans les villages (écoles, poste de santé, eau potable, routes, etc.) : autant de difficultés qui poussent de nombreuses familles à migrer à la recherche d’une vie meilleure en ville ou en Amazonie. 
    Malgré une croissance économique soutenue, près de la moitié des Péruviens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Une proportion encore plus grande dans les Andes. 

    La Coopérative agricole Valle del Cunas 

    Dans la vallée de Cunas, située entre 3700 et 4200 mètres d’altitude, près de Huancayo, plus de 200 familles paysannes, issues de 7 communautés villageoises, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer leurs conditions de vie. Elles ont créé la Coopérative de services Valle del Cunas, soutenue par Terre des Hommes Suisse. Son but ? Promouvoir, afin de freiner l’exode rural, un développement intégré et durable : économique, environnemental, social et culturel. 

    Activités économiques et environnementales : les familles sont sensibilisées aux valeurs de la coopérative et à l’agriculture biologique. Elles bénéficient de soutiens techniques et de micro-crédits pour la construction d’étables, l’achat de petits élevages et de semences améliorées et pour la revalorisation de cultures ancestrales comme la maca. Cette plante, reconnue pour sa haute valeur nutritive et ses propriétés immunitaires, est consommée traditionnellement par les populations locales. Commercialisée par la coopérative à l’étranger, où la demande est croissante, elle apporte un revenu appréciable aux familles. 

    Activités sociales et culturelles : près de 250 femmes se sont organisées en groupe, par village. Elles se rencontrent une fois par semaine pour participer à diverses activités et cours de formation : hygiène, santé et alimentation, valorisation des produits locaux et de l’artisanat, création de revenus, auto-estime et organisation communautaire. 

    La coopérative s’efforce de revaloriser les coutumes ancestrales, important facteur de cohésion sociale : chants, danses, musiques et fêtes traditionnelles. Elle entreprend aussi des démarches auprès des autorités locales pour obtenir écoles et autres infrastructures de base. 

    Robin des Watts ou le développement durable à l’école 

    À plus de 4000 mètres d’altitude, en hiver, suivre des cours dans des écoles sans électricité ni chauffage relève de l’exploit ! Dans leur classe, les élèves affrontent des températures proches de 0 degré. Leur souhait : étudier dans une salle où il fait moins froid ! 

    Ce souhait est devenu réalité dans 5 écoles de la région, grâce au projet Robin des Watts, créé par l’association Terragir, en étroite collaboration avec Terre des Hommes Suisse. Ce projet est un exemple concret de développement durable et de solidarité Nord-Sud. Dans plusieurs écoles genevoises, après un travail de sensibilisation, enseignants et élèves prennent des mesures concrètes pour économiser eau et énergie (chauffage, électricité). L’argent ainsi épargné, majoré d’un appui de la commune concernée, permet d’effectuer, avec la collaboration active des communautés villageoises, les travaux nécessaires dans les écoles andines : isolation des bâtiments, construction de serres adjacentes, installation de panneaux solaires. 

    Les résultats sont spectaculaires. Avec l’électricité, l’eau chaude, une température ambiante dans les classes d’au moins 15 degrés et une production légumière toute l’année, la vie à l’école a complètement changé. 

    D’autres projets à Lima et en Amazonie 

    À Lima, Terre des Hommes Suisse soutient 3 crèches communautaires qui accueillent des centaines d’enfants dans des quartiers défavorisés. 

    Dans le sud amazonien (Madre de Dios), à Mazuko près de Puerto Maldonado où l’extraction de l’or engendre destruction de l’environnement, traite et exploitation d’enfants, Terre des Hommes Suisse soutient un foyer qui accueille enfants et jeunes en difficulté. Le foyer anime également des centres de défense des droits de l’enfant. Pour agir sur les causes de cette catastrophe écologique et humaine, de nouvelles activités ont été lancées afin de promouvoir de l’or éthique, avec des familles paysannes et des orpailleurs de la région. 

  • 2010 - Pour une alimentation saine et durable

    Un défi urgent à relever : une alimentation saine et durable pour tous 

    Aujourd’hui plus d’un milliard des 6,7 milliards d’habitants de notre terre souffrent de faim ou de malnutrition chronique, soit 150 millions de plus qu’en 2008 ! Près de la moitié sont des enfants. Or la communauté internationale s’était engagée en 2000 à réduire de 50 % la proportion de la population sous-alimentée d’ici à 2015. Sans une lutte efficace contre la pauvreté et un changement radical des pratiques de production, de distribution et de consommation, il est évident que cet objectif ne sera pas atteint. 

    Le problème de la faim ne s’explique pas par un manque de nourriture. En effet, selon la FAO1, la terre pourrait nourrir 12 milliards de personnes ! Mais cette nourriture est inaccessible à une partie importante de la population mondiale, principalement dans les pays du Sud, faute de revenu suffisant et d’une agriculture adaptée aux réalités locales. 

    Les enfants, premières victimes de la malnutrition et de l’appauvrissement des zones rurales 

    Dans le monde, plus de 200 millions d’enfants de moins de 5 ans, en majorité des filles, souffrent de faim et de malnutrition, avec de graves conséquences sur leur développement physique et intellectuel. De plus, les carences alimentaires diminuent fortement leur résistance aux maladies. Paradoxalement, 70 % des victimes de sousalimentation sont des petits paysans et leur famille ! 

    Comment l’expliquer ? 

    Souvent sans accès aux moyens de production et de commercialisation (semences, crédits, infrastructures de base, etc.), les petits paysans sont fréquemment la proie de grandes entreprises privées qui les dépossèdent de leurs lopins de terre pour développer des monocultures industrielles (maïs, soja, canne à sucre, cacao, etc.) pour l’exportation et la production d’agrocarburants. Une politique généralement imposée par des institutions internationales comme le FMI2 pour forcer les pays du Sud à rembourser leurs dettes. Résultats : les meilleures terres sont accaparées pour les cultures d’exportation, au détriment des cultures vivrières. Sans avenir, les familles paysannes quittent leur village pour tenter leur chance en ville ou se retrouvent exploitées dans de grandes plantations, sans possibilité de produire leur propre nourriture. Autre perspective guère plus réjouissante pour la petite et moyenne paysannerie : cultiver sa terre sous contrat avec des entreprises agro-industrielles qui lui achètent sa production, mais en lui imposant des cultures à haut rendement très exigeantes, la rendant ainsi financièrement et techniquement totalement dépendante de semences hybrides et OGM, de pesticides et d’engrais chimiques. Avec souvent, à terme, endettement, pollution et destruction des sols et de l’environnement. 

    Nouvelles menaces pour les populations rurales défavorisées

    Plusieurs pays du Golfe et d’Asie louent ou achètent des terres cultivables dans des pays du Sud (Soudan, Ghana, etc.) pour assurer leur propre approvisionnement, au détriment de l’agriculture vivrière locale. À ces différentes causes d’appauvrissement et de malnutrition des populations rurales s’ajoute la concurrence déloyale pratiquée par les pays industrialisés et émergents qui subventionnent fortement leurs exportations pour vendre à bas prix leurs surplus sur le marché mondial libéralisé. Conséquence : par exemple, les poulets surgelés en provenance du Brésil et de l’Europe provoquent la disparition des élevages locaux de différents pays d’Afrique. 

    L’avenir pour nourrir la planète : les petites exploitations paysannes 

    En avril 2008, suite à 4 années d’études, 400 chercheurs et experts d’horizons divers publient un « Rapport sur l’économie mondiale », cofinancé par plusieurs organisations internationales (FAO, Banque Mondiale, etc.). Le constat est clair: une agriculture durable doit être fondée sur les petites exploitations familiales aux multiples fonctions. Pour ces experts, « il est essentiel qu’à l’avenir l’augmentation de la production agricole préserve l’environnement et favorise la cohésion sociale, l’égalité des sexes, l’amélioration de la santé et le respect des savoirs traditionnels ». Une conclusion à l’encontre de l’agriculture industrielle productiviste et d’une économie mondiale libéralisée, prônées depuis des décennies par ces mêmes institutions internationales. 

    Mais comment permettre aux 2,5 milliards de petits paysans et à leur famille de vivre de leur production décemment et durablement ? Tout d’abord, chaque pays devrait développer une politique agricole basée sur la sécurité alimentaire (permettre à chaque habitant d’avoir accès à une alimentation saine), une politique intégrée dans le concept plus large de souveraineté alimentaire (définie en 1996 par le mouvement international des paysans Via Campesina) : les populations et les Etats doivent pouvoir déterminer de manière démocratique leur politique agricole et alimentaire, sans pratiquer le dumping vers des pays tiers. Et ce, en soutenant les petits paysans dans la production et la commercialisation au plan local et régional. Concrètement, il s’agit pour les gouvernements, et pour d’autres acteurs comme la coopération internationale, d’aider les familles paysannes à s’organiser et à avoir accès à la terre, à l’eau, aux semences, aux crédits, à la formation, aux infrastructures de base afin de couvrir leurs besoins et ceux de leur communauté. Et ce grâce à une agriculture diversifiée qui valorise les ressources locales (biodiversité, engrais organiques, etc.) et intègre les principes du développement durable (économique, social et environnemental). 

    Comment agir concrètement ? 

    Comme consommateurs/trices, nous pouvons jouer un rôle important pour promouvoir la souveraineté alimentaire et le droit à une alimentation saine et durable pour tous, par exemple : 

    • En achetant des produits locaux et de saison, et si possible directement aux producteurs, afin de renforcer la paysannerie de la région et d’éviter le gaspillage; 
    • En limitant notre consommation de viande dont la production nécessite une grande quantité de fourrages et de céréales qui entrent directement en concurrence avec l’alimentation humaine; 
    • En privilégiant les produits issus de l’agriculture biologique, plus respectueux de l’environnement, et les produits du commerce équitable, pour renforcer les coopératives et autres associations communautaires et assurer un revenu décent à leurs membres; 
    • En exerçant nos droits de citoyen-ne pour accroître la souveraineté alimentaire également chez nous et développer une plus grande solidarité Nord-Sud, notamment par la coopération au développement; 
    • En sensibilisant nos proches aux enjeux vitaux de nos modes de consommation. 
  • 2009 - Sénégal

    Pays d’Afrique de l'Ouest, le Sénégal est situé entre le désert et la forêt tropicale. Au nord le climat est de type désertique et au sud de type tropical, avec 2 saisons: une saison des pluies (de juin à octobre) et une saison sèche. Le Sénégal possède une importante façade maritime à l’ouest bordée par l’océan Atlantique (530 km de côtes). Un quart des Sénégalais vit dans la région de Dakar où sont implantées la plupart des grandes entreprises. La dégradation des conditions de vie à la campagne a poussé nombre d’individus vers la capitale ou l’étranger. La diaspora sénégalaise, par ses envois de fonds, représente une ressource économique essentielle pour le pays. Les principales recettes proviennent de la pêche et du tourisme mais le pays exporte également arachides, phosphates, engrais, sel, ciment, coton, etc. L’agriculture emploie environ 70% de la population active sénégalaise mais ne parvient pourtant pas à satisfaire la demande domestique et le pays importe des denrées alimentaires. 

    L’éducation 

    Depuis 10 ans, l’Etat a fait de gros efforts pour augmenter le taux de scolarisation dans le pays. Il consacre actuellement une part importante de son budget à l’éducation. De grandes inégalités subsistent entre régions urbaines et rurales où les enfants sont sou- vent moins scolarisés. À ce problème s’ajoutent des classes surpeuplées et des conditions de travail difficiles pour les enseignants. 

    Que fait Terre des Hommes Suisse? 

    Dans la région de Dakar, Terre des Hommes Suisse soutient un réseau d’écoles associatives qui luttent pour promouvoir le droit à l’éducation et pour offrir à des enfants privés d’école une éducation de qualité, adaptée à leur milieu. À la campagne, Terre des Homme appuie des communautés rurales afin de leur permettre d’augmenter leurs revenus, de protéger leur environnement et d’offrir une vie digne à leurs enfants. 

    Les centres éducatifs de Guinaw Rails, un réseau de 9 écoles associatives: 

    Guinaw Rails, quartier défavorisé de la banlieue de Dakar, est un site souvent inondé qui abrite 200 000 habitants dans des conditions précaires. Aux 10 000 enfants du quartier en âge d’aller à l’école, 2 écoles publiques offrent 2 000 places. Pour répondre à cette situation, des habitants du quartier ont créé plusieurs écoles associatives. La principale d’entre elles, le Centre de Récupération et d’Entraide Daara Ji (CRED) offre aux enfants et jeunes du quartier l’accès à une éducation de qualité. Soutenue par Terre des Hommes Suisse, l’école s’est développée et a amélioré la qualité des services fournis. Très vite, la néces- sité de travailler avec les autres écoles communautaires de la zone est apparue comme une évidence. Ainsi, Terre des Hommes Suisse a appuyé les efforts du CRED Daara Ji pour mettre en place un réseau regroupant les 9 écoles associatives du quartier qui accueillent plus de 1 600 élèves. Par un appui à la formation des enseignants, l’achat de bancs, de chaises et de cahiers, l’ouverture d’une bibliothèque, le partenariat entre Terre des Hommes Suisse et le Réseau d’Ecoles de Guinaw Rails apporte une amélioration significative des possibilités d’étude pour les enfants issus des familles les plus pauvres. Ces écoles leur offrent la seule chance d’accéder à une éducation de qualité. Les bons résultats l’attestent puisque le taux de réussite au certificat de fin d’études primaires dépasse les 80%. 

    Ce projet est un exemple de soutien qu’apporte Terre des Hommes Suisse aux initiatives locales visant à favoriser l’accès à l’éducation pour les enfants des familles les plus pauvres et le travail de mise en réseau des partenaires pour une aide de qualité aux bénéficiaires. 

    Promotion d’un développement durable 

    Terre des Hommes Suisse soutient un réseau de 3 associations paysannes travaillant dans 2 régions du Sénégal : Fatick et Thiès. Elles regroupent plus de 4 600 membres répartis dans 70 villages. Le projet valorise et enseigne aux populations locales prati- ques et savoir-faire s’inscrivant dans une démarche de développement durable. Il contribue à la préservation de l’écosystème, à l’autosuffisance alimentaire et à l’amélioration du niveau de vie des communautés par la protection des ressources naturelles, la diversification des productions agricoles, la valorisation des produits locaux et l’accès au micro-crédit. La sécurité économique et alimentaire des familles s’accroît grâce, notamment, au financement de cultures écologiques et à la diversification des produits cultivés. Le projet favorise l’utilisation de foyers améliorés pour la cuisine, le compostage et la production de pesticides naturels pour les activités maraîchères et agricoles et l’organisation d’échanges entre paysans pour la promotion des techniques les plus appropriées. La création de caisses de crédits permet l’acquisition du bétail indispensable à la production d’engrais naturel. Une partie des terres arables désertifiées est regagnée à la culture grâce au reboisement et aux dispositifs anti-érosion. La construction de moulins publics pour le mil et de bornes communautaires pour l’approvisionnement en eau ont permis d’alléger les tâches ménagères des femmes. Le temps gagné leur a permis de bénéficier de formations pour la création d’activités de maraîchage et de petit élevage (moutons, porcs). Enfin la création de mutuelles de santé a permis d’assurer les soins de base et de réduire la mortalité infantile. 

  • 2008 - Inde

    Emportée par la mondialisation, l’Inde en pleine mutation socio-économique Si, depuis son ouverture en 1991, l’Inde connaît une croissance économique très forte – supérieure à 7% par an – et compte désormais plusieurs dizaines de milliardaires, les inégalités n’y ont jamais été aussi importantes. Dans les grandes villes, les fortunes réalisées par les entreprises liées aux hautes technologies côtoient la misère des bidonvilles où s’entassent les exclus de la réussite économique indienne. En effet, dans un pays comptant encore 75% de population rurale, nombreux sont les petits paysans qui ne possèdent pas de terre ou suffisamment de ressources pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils quittent la campagne pour les villes dans l’espoir d’y trouver un travail, mais le sort qui les attend n’y est guère meilleur. Aujourd’hui, près de 400 millions de personnes en Inde vivent avec moins de 1,5 franc suisse par jour. 

    Le travail des enfants

    Selon les estimations des ONG, environ 60 millions d’enfants travaillent illégalement en Inde. La loi de 1986 contre le travail des enfants est donc peu respectée. Car, bien que l’école soit gratuite et obligatoire jusqu’à 14 ans, beaucoup de familles pauvres sont contraintes de mettre leurs enfants au travail, principalement dans l’industrie textile et du tapis. 

    Que fait Terre des Hommes Suisse?

    Terre des Hommes Suisse soutient des organisations indiennes qui luttent contre le travail des enfants, défendent leurs droits et travaillent au renforcement d’une économie durable tout en améliorant les conditions de vie des familles. 

    Un espoir pour les enfants travailleurs de Gwalior

    Gwalior est une importante ville au nord de l’Etat du Madhya Pradesh, l’un des plus déshérités du pays et compte environ 1 million d’habitants. Ancienne ville industrielle prospère, elle subit depuis plusieurs années une grave crise de l’emploi, ce qui oblige les familles à recourir au travail des enfants. Dans le district de Gwalior, ils sont plus de 40 000 à servir de main-d’oeuvre exploitée dans l’industrie du tapis, de la cigarette, dans la fabrication de briques, la récupération des déchets ou la taille de pierres. 

    L’objectif principal de CID (Centre for Integrated Developement), organisation partenaire de Terre des Hommes Suisse, est l’éradication du travail des enfants, ainsi que leur intégration progressive dans le système scolaire gouvernemental. CID accueille les enfants travailleurs dans des centres où ils reçoivent un repas et participent à des activités éducatives et récréatives. Certains d’entre eux peuvent rejoindre le système scolaire formel et bénéficient d’un suivi de la part des animateurs pendant leur scolarité. Une fois par mois, un travailleur social et un médecin contrôlent l’état de santé de chaque enfant. 

    Parallèlement, CID fait pression auprès des employeurs pour obtenir l’application des lois qui interdisent le travail des enfants de moins de 14 ans. Des campagnes de sensibilisation auprès de la population locale sont également réalisées afin que les parents et les autorités cessent de considérer le travail des enfants comme normal. Les parents sont d’ailleurs encouragés à scolariser leurs enfants grâce à la création de groupes d’épargne qui permettent de compenser la perte de revenus des enfants. En outre, des groupes d’entraide constitués par les mamans des enfants bénéficiaires sensibilisent les parents à l’importance de l’éducation, de la santé et les encouragent à revendiquer leurs droits. 

    Justice des mineurs au Bihar

    La loi indienne définit les conditions d’arrestation, de procès et de détention des mineurs mais son application laisse à désirer. Les dossiers ne sont pas séparés de ceux d’adultes co-accusés, il n’y a souvent aucun contact avec un avocat, etc. Pour remédier à cela, l’association partenaire de Terre des Hommes Suisse, Bal Sakha, travaille sur le terrain avec les enfants détenus et leur famille (avant, pendant et après leur procès), et, parallèlement, forme et sensibilise des professionnels concernés (policiers, juges, gardiens de prisons). 

    La plupart des jeunes arrêtés vivent dans la rue, soit parce que leurs parents sont trop pauvres, soit en raison de violences familiales. Bal Sakha a ouvert des centres où les enfants trouvent refuge de jour comme de nuit. Il s’agit de lieux de repos et de rencontres entre jeunes et éducateurs. Une formation professionnelle (menuiserie, réparation de cycles, cuisine) est aussi possible et un retour dans la famille est facilité pour les plus jeunes. Des manifestations publiques sur les droits des enfants sont organisées, en collaboration avec d’autres ONG de la région, afin de sensibiliser la population et les instances officielles. 

    Les autres projets de Terre des Hommes Suisse en Inde

    Terre des Hommes Suisse soutient également des projets de promotion des droits de la femme, facilitant un accès au micro-crédit et le développement d’activités génératrices de revenus. Dans le nord du pays, la lutte contre la traite des femmes et des enfants est engagée. 

    Après le drame du tsunami, Terre des Hommes Suisse a choisi de soutenir des projets de réhabilitation et de développement durable dans 35 villages côtiers du Golfe de Mannar. Le but est d’une part d’aider les populations de pêcheurs à surmonter les difficultés liées à la destruction de leurs moyens d’existence, et d’autre part d’améliorer leurs conditions de vie par des activités favorisant l’accès à la santé, à l’éducation et à l’eau potable. Terre des Hommes Suisse appuie aussi des populations victimes de catastrophes naturelles frappant l’Inde dans certaines régions. La déforestation et une mauvaise gestion des ressources en eau amplifient les conséquences des inondations et sécheresses. L’objectif est donc promouvoir des techniques durables d’agriculture, plus respectueuses de l’environnement, dans l’Orissa par exemple. 

  • 2007 - Bolivie

    Pays situé au centre de l’Amérique du Sud, la Bolivie est constituée de deux grands ensembles géographiques:
    -à l’ouest, la cordillère des Andes, région de hauts plateaux (3000m et 4000m) concentrant la majeure partie de la population et les principales villes dont Sucre, la plus haute capitale du monde (3800m);
    -à l’est les plaines de l’Oriente appartenant à l’Amazonie. Dès le VIIe siècle avant notre ère, la région du lac Titicaca est peuplée de brillantes civilisations amérindiennes (Aymaras, Chiquitos, Quechuas, puis Incas). En 1538, les Espagnols avec à leur tête, Francisco Pizarro, conquièrent la région et imposent aux indigènes leurs propres lois, culture et religion.

    Les révoltes se multiplient contre les colons. En 1825, le pays obtient son indépendance. Il prend le nom de Bolivie en l’honneur de Simon Bolivar, libérateur de plusieurs pays d’Amérique du Sud et qui rédigea la première constitution bolivienne.

    Aujourd’hui le pays compte 9,1 millions d’habitants répartis sur une surface grande comme deux fois la France. La majorité de la population (55%) est d’origine amérindienne (30% sont Quechuas et 25% Aymaras). En décembre 2005, le premier président d’origine indigène, Evo Moralès, a été élu. C’est l’espoir de tourner la page d’un héritage colonial qui dans de nombreux pays d’Amérique latine maintient encore la population autochtone à l’écart du pouvoir politique et économique. Mais la tâche est immense:70% de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

    L' économie repose aujourd’hui sur l’exportation de gaz naturel, de soja et de ses dérivés, de pétrole, de zinc et d’étain. Depuis les années 1990, de nombreuses compagnies nationales (aérienne, téléphonique, pétrolière, d’électricité, de chemins de fer) ont été privatisées. Mais l’annonce de nouvelles privatisations (eau, gaz,..) a provoqué de graves troubles sociaux, la population rejette en effet la politique d’exploitation des matières premières par les multinationales occidentales sans bénéfice pour la population et dont la Bolivie souffre depuis l’époque coloniale. Avec le nouveau gouvernement, les choses ont beaucoup changé et la nationalisation des entreprises est actuellement à l'ordre du jour. L’émigration des paysans andins vers les centres urbains du pays ou vers les zones de production de canne à sucre et coton (Santa Cruz) est devenue depuis de nombreuses années une stratégie de survie. Mais sans formation, les migrants échouent dans les bidonvilles ou fournissent une main-d’œuvre agricole bon marché, prisonniers du cercle de la pauvreté. Aujourd’hui 2/3 des Boliviens vivent en milieu urbain. Face à cette situation, il est important de travailler en amont auprès des populations rurales et des jeunes en particulier pour leur permettre d’acquérir une formation technique adaptée à leur milieu qui leur permette de subvenir à leurs besoins en milieu rural ou urbain. 

    L’accès à l’éducation

    Dans les zones rurales, on estime que 60% des enfants suivent une scolarité régulière et 7% seulement terminent leurs huit années d’école primaire. Les filles sont fortement discriminées dans l’accès à l’éducation. 

    Que fait Terre des Hommes Suisse?

    Terre des Hommes soutient des organisations boliviennes qui agissent pour le respect des droits des enfants et des jeunes, pour l’accès à une éducation de qualité et le renforcement d’une économie durable en milieu rural. 

    Des perspectives pour les jeunes en milieu rural, province de Zudañez (1)

    Cette région rurale en haute altitude souffre d’une extrême pauvreté et d’une forte émigration. Difficile d’accès, largement délaissée par les pouvoirs publics, la zone est peuplée d’Indiens Quechuas qui survivent difficilement sur de minuscules lopins de terre, à des heures de marche des centres les plus proches. L’indice de pauvreté atteint plus de 90% dans certaines communes et la durée de scolarité de la population est en moyenne de trois ans. L’action de Proagro vise tant la formation des jeunes et adultes que l’amélioration de la production agropastorale et de la santé. Son intervention éducative s’axe sur le soutien d’internats, l’amélioration de la couverture scolaire et des méthodes pédagogiques, et l’implication des communautés dans le processus éducatif. Il existe aujourd’hui quatre internats, situés dans les villages de Mojocoya, Candelaria, Thaqu' Pampa et Cantar Gallo. 260 enfants et jeunes de localités éloignées qui ne peuvent y poursuivre une scolarité complète reçoivent gîte, couvert et éducation adaptée. Ce sont eux qui exécutent la plupart des tâches ménagères nécessaires à la bonne marche de l’internat. Ils s’occupent également des jardins potagers dont la production permet de diversifier leur alimentation, d’apprendre et de diffuser de nouvelles techniques agricoles.

    Des modules de formations en menuiserie, informatique, électricité, couture, tissage ont été mis en place. Ils sont maintenant intégrés à l’enseignement dispensé dans les écoles associées aux internats et d’autres élèves en bénéficient. Les parents sont associés à ce programme et produisent sur leurs propres terres, au village, des aliments pour les centres où se forment leurs enfants. De plus, ils participent régulièrement à des séminaires dans les domaines de la santé, de l’agriculture ou de l’élevage. Il s’agit notamment d’améliorer les pratiques de consommation des familles afin d’améliorer la sécurité alimentaire de ces dernières. 

    Centre infantile Canarito Pampeño, Cochabamba

    Au grand marché populaire, La Pampa, à Cochabamba, les enfants des commerçants accompagnent leurs parents pendant leurs journées de travail. Livrés à eux-mêmes et exposés aux risques de mauvais traitements et d’abus sexuels, ainsi qu’aux maladies dues au manque d'hygiène, ils ne sont pas préparés pour l’école. Terre des Hommes Suisse soutient l’association SIEMPRE Iniciativas Solidarias qui offre un soutien pédagogique aux mères travailleuses, une éducation préscolaire à une cinquantaine d’enfants de 3 à 6 ans ainsi qu’un appui scolaire pour les enfants jusqu’à 12 ans. Des séminaires sont organisés pour les parents sur des thèmes comme la lutte contre la violence intrafamiliale ou l’hygiène ou l'importance d'avoir une Assemblée constituante dans le pays. 

    Défense des droits de l’enfant et de l’adolescent, Chapare (1)

    Dans cette zone, située au centre du pays, six centres de défense des droits de l’enfant, ou «defensorias» mis en place par la section bolivienne de Défense des enfants international (DEI) traitent au total 10'000 plaintes de violation des droits de l’enfant par année et accueillent des centaines d’enfants et d’adolescents. De actions préventives à travers des émissions de radio sont aussi entreprises ainsi que des démarches au niveau politique afin de modifier les lois ou de veiller à leur application. 

    (1) Projets cofinancés par la Fédération Genevoise de Coopération (FGC) 

  • 2006 - Brésil

    Cinquième pays du monde par sa surface, le Brésil est aussi le plus grand et le plus peuplé d’Amérique du Sud avec plus de 184 millions d’habitants. Bordé à l’est par l’océan Atlantique, le Brésil se divise en quatre régions: l’Amazonie, où l’on trouve les plus grandes forêts tropicales de la planète (et l’Amazone, le fleuve qui a le débit d’eau le plus important du monde), le nord-est qui est très aride, et, enfin, le centre-ouest et le sud, où se concentre la majorité de la population. “Découvert” en 1500 par Pedro Alvares Cabral, un navigateur portugais, le Brésil devient une colonie portugaise. Pour en exploiter rapidement les ressources naturelles, en particulier le bois brésil (un bois rouge, couleur de braise, qui donna son nom au pays), les Portugais ramenèrent des esclaves sur les côtes américaines. Cette situation explique aujourd’hui la grande diversité de la population brésilienne (53% blancs, 38% mulâtres, 6% noirs, 3% autres). 

    Les ressources

    Ce pays détient une des plus grandes biodiversités de la planète. Son économie repose sur la production et l’exportation de ressources naturelles (bois, café, soja, jus d’orange, minerai de fer) et de produits manufacturés par une main-d’œuvre abondante (textiles, ordinateurs, voitures, avions). 

    Pays de contrastes

    Depuis les années soixante, le Brésil connaît un fort développement agricole et industriel qui entraîne une migration vers les grandes villes et renforce les disparités entre les régions et les groupes sociaux: entre Nord (pauvre) et Sud (riche), entre ville et campagne! Au Brésil, les deux tiers de la population résident aujourd’hui dans les viles (Rio de Janeiro: plus de 8 millions d’habitants, São Paulo: près de 20 millions d’habitants). Dans ce pays connu pour son carnaval et sa joie de vivre, les inégalités sont criantes: les 10% les plus riches possèdent 51% du revenu national alors que les 50% les plus pauvres reçoivent seulement 12% de ce même revenu. Plus de 30 millions de Brésiliens, près d’un sur 5, vivent au dessous du seuil de pauvreté. 

    La lutte pour la terre

    La répartition inégale des richesses concerne également les terres agricoles. En effet, 1% des propriétaires possède 54% des terres cultivables. Pourtant, en 1976, une loi sur la réforme agraire est entrée en vigueur. Elle prévoyait l’expropriation et le rachat par l’Etat des grandes propriétés terriennes (fazendas), peu, ou pas exploitées, suivis de leur morcellement et de leur redistribution aux familles sans terre. 

    Sécurité alimentaire et agriculture familiale: une priorité pour Terre des Hommes

    Dans la zone de Camamu, au sud de l’état de Bahia, région essentiellement agricole, Terre des Hommes Suisse, en partenariat avec le SASOP (Service d’appui à des organisations populaires rurales), apporte son aide à une communauté rurale de 20 000 habitants occupant des terrains issus de la réforme agraire. Dans cette région, 40% de la population est analphabète et 80% vit avec moins du salaire minimum. Le programme de sécurité alimentaire vise à valoriser les ressources locales. La population est sensibilisée à la préparation, à la conservation et au stockage de produits locaux. L’agriculture est essentiellement utilisée à des fins commerciales comme la production de cacao, noix de palme, de guarana ou encore l’hévéa. Mais différentes plantes servent à l’alimentation ou sont utilisées comme médicaments. Le SASOP permet à ces familles d’acquérir de nouvelles techniques. La femme est encouragée à prendre des responsabilités dans la création et la gestion du revenu familial et à participer activement aux réunions d’agriculteurs. Ce programme s’inscrit dans le cadre d’un développement durable. Il permet aux familles d’augmenter leur revenu, d’augmenter leur autosuffisance alimentaire tout en respectant un écosystème fragile. 

    Education de qualité en milieu rural

    La situation précaire que vivent ces familles influence évidemment la qualité de vie des enfants. Il s’agit d’aider ces familles à vivre sur leurs terres afin de freiner l’exode rural et les migrations vers les bidonvilles. Mais il s’agit aussi de développer, pour les enfants et les jeunes, une structure éducative qui s’intègre au milieu rural et qui leur permet d’acquérir les compétences scolaires, techniques et personnelles utiles à leur avenir. Et ceci dès la 4e primaire. 

    A Ilhéus, dans l’Etat de Bahia, 120 adolescents, filles et garçons, de 16 communautés dispersées dans 10 municipalités, bénéficient ainsi d’une éducation adaptée à leur milieu. Outre les matières scolaires, ils s’initient à de nouvelles techniques de culture (lutte contre l’érosion, diversification des cultures) et d’élevage (poules, lapins, chèvres) dans le but de promouvoir une agriculture diversifiée, respectueuse de l’environnement et favorisant l’autosuffisance alimentaire. 

    Ces jeunes sont présents dans un internat 15 jours par mois, puis retournent dans leur famille, avec des travaux à poursuivre, laissant durant deux semaines leur place dans l’établissement à d’autres jeunes. Cette méthode, pédagogie dite de l'alternance, permet d’accueillir davantage d’élèves, évite de les couper de leur communauté et leur permet de participer aux travaux agricoles de la famille. De plus, ils peuvent transmettre aux membres de leur famille ce qu’ils ont appris.

    Avec l’appui de Terre des Hommes Suisse, environ 500 familles bénéficient de la formation de ces jeunes qui seront plus tard des adultes qualifiés pouvant répondre à la demande dans le milieu agricole et agro-industriel. Des contacts sont d’ores et déjà pris avec les municipalités locales pour qu’elles participent au maintien et développement d’une telle structure pédagogique. 

  • 2005 - Mali

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  • 2004 - Haïti

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  • 2003 - Inde

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  • 2002 - Pérou

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  • 2001 - Sénégal

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  • 2000 - Colombia

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